3- QU'EST-CE QU'UNE ICÔNE. (Une prière en couleurs)

Un sujet qui a maintes fois été traité par de nombreuses personnes. Je vais essayer de traduire ce que j'ai pu retenir de toutes ces lectures.

Icône vient d'un mot grec "Eikon" (Eikon) qui signifie : image, ressemblant, figuratif, similitude.

Pour les chrétiens orientaux, ce mot a un sens beaucoup plus restrictif. Il ne se rapporte qu'aux images Saintes du Christ, des Saints, des scènes bibliques.

L'Icône serait donc une image pieuse ? Non ! L'Icône n'est pas seulement une image pieuse, elle a une valeur spirituelle, une valeur liturgique, elle obéit à tout un art de la symbolique où les réalités de la foi sont figurées.

Aussi ne peut-on pas regarder une icône comme l'on regarderait un tableau impressionniste, uniquement en seul objet d'art. Il faut faire l'effort de la replacer dans son contexte, dans la vie spirituelle de ceux qui lui offrent un culte. Les iconodules, les Chrétiens.

C'est un art chrétien, une théologie visuelle, une catéchèse par l'image.

L'icône chante par ses moyens propres la gloire de Dieu.

L'icône est une vision de la foi. Elle est un support pour la prière. La contemplation orante traverse, pour ainsi dire, l'icône et ne s'arrête qu'au contenu visuel qu'elle traduit.

 

Cet art des premiers Chrétiens n'est pas sorti de rien, il est le résultat d'une évolution qui s'est produite au contact des cultures des régions de l'ancien monde :

En Palestine le judaïsme,

En Grèce l'hellénisme,

En Rome l'esprit romain et sa conception de l'image.

À la fin du II e siècle apparaissent des symboles d'une inspiration typiquement chrétienne : Multiplication des pains comme représentation du banquet eucharistique. Adoration des mages comme symbole de l'admission des païens à la foi. Résurrection de Lazare. La vigne mystère de Dieu dans les baptisés. Le poisson, symbole le plus important.

 Le début de la chrétienté est profondément imprégné par l'Ancien Testament. Celui-ci tout au long de son histoire est une lutte contre les idoles sous forme de sculptures, d'images, bien entendu, les fausses images, en l'attente de la vraie Image.

L'interdiction du Pentateuque : "Tu n'auras pas d'autres dieux que moi. Tu ne feras aucune image sculptée, rien qui ressemble à ce qui est dans les cieux, là-haut ou sur la terre ici-bas ou dans les eaux, au-dessous de la terre", pourraient sembler condamner les Icônes. Mais l'Exode 20,23 et Deutéronome 27,15 semblent aussi limiter cette interdiction à la seule représentation de dieux sous forme d'idole et au culte qu'on leur rendait.

En effet, on trouve dans l'Ancien Testament la demande de la représentation d'un serpent d'airain, les ordonnances concernant la représentation des chérubins de l'Arche d'Alliance. Ézéchiel (597 avant J.C) mentionne des palmiers ornant le Temple en plus des chérubins à face d'homme et de lion.

La loi de l'Ancien Testament prohibait les images car elles ne pouvaient pas traduire la pureté du Dieu invisible.

On peut cependant lire dans la Genèse 1 : "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance". Dieu créa l'homme à son image.

Malheureusement avec le péché d'Adam, l'homme s'est dangereusement écarté de la ressemblance initiale avec Dieu pour s'enfoncer dans la dissemblance. Par contre, les Anges ont gardé intacte leur nature de seconde lumière ce qui pourrait expliquer leur représentation sur l'Arche.

Ainsi avant la naissance de Jésus, l'incarnation du Verbe, par crainte d'idolâtrie, toute expression céleste est limitée au monde des Anges.

Tout ce passé a certainement incité les premiers Chrétiens à ne rester que dans le symbolisme, du moins pour certaines communautés. La vénération des Images remonterait cependant à l'époque des apôtres. Un texte apocryphe relate que le portrait de Saint-Jean était exposé dans la maison d'un disciple.

Ce texte apocryphe, partie de la Bible dont l'authenticité n'a pas été établie, est rejetée par l'Église Chrétienne. Ce texte n'aurait pas tendance à nous surprendre, sachant que cette période, fortement imprégnée d'hellénisme, avait de très bons artistes.

Les artistes, les peintres ont toujours aimé représenter ce qu'ils voyaient. SaintÑLuc, considéré comme le patron des médecins et des peintres, aurait peint le visage de la Vierge (I e siècle). Il aurait donc la paternité d'une icône de la Vierge dite Madone de Saint Luc. Cet original qui aurait servi de modèle aurait été détruit au XV e siècle. Un panneau de Sainte Marie Majeure de Rome en serait la copie. Que ce modèle, le prototype, soit attribué à Saint Luc est aussi apocryphe. Une copie de celui-ci, la Vierge de Cambrai a un troublant témoignage.

Relisons "la Tête d'Obsidienne" de Malraux ou le texte revu et corrigé de la "Corde et les Souris" et arrêtons-nous quelques instants sur l'échange de propos entre Malraux et Picasso. Nous y découvrons que Bernadette, celle de Lourdes, n'a jamais voulu reconnaître la physionomie de Marie dans les expressions que les fabricants ont données aux statues de N.D. de Lourdes. Un jour qu'elle s'en plaignait à un éminent religieux, celui-ci, possédant un album des madones les plus connues, le lui fit voir. Elle s'arrêta sur ce qui lui parut le plus ressemblant : N.D. de Cambrai ! La conclusion de Picasso fut : "Que les byzantins l'aient inventée c'est étonnant tout de même".

Le prototype est-il vraiment apocryphe ?

 L'Incarnation, le Christ délivre les hommes de la mythologie et des idoles non pas négativement en supprimant l'image, mais positivement en révélant la vraie nature humaine de Dieu. Image visible de l'invisible. Dieu révèle son visage humain, la Parole devient objet de contemplation : "Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez", "celui qui m'a vu, a vu le Père".

C'est à partir de l'Incarnation que les artistes chrétiens commenceront à représenter d'abord les martyrs et ensuite le Christ. Les plus anciennes icônes concernent les stylites ; ces ermites, qui vivaient sur des colonnes, jeûnant et priant, étaient plus ou moins assimilés à des anges.

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4 - ÉCRIRE L'ICÔNE.

Cet acte est un geste de prière. Si tu veux l'écrire, il ne faut surtout pas que la motivation première en soit le mercantilisme. L'Icône est une œuvre d'humilité. Nombreux sont les anonymes qui nous ont légué de belles prières en couleurs. Comme les cathédrales, nefs élevées à la gloire de Dieu, dont on ignore le nom des concepteurs, l'Icône doit rester anonyme, sans signature. Ce qui nous rapproche de l'apôtre Paul qui nous a laissé dans la première Épîtres au Romain en 12, 3-8

"Au nom de la grâce qui m'a été donnée, je le dis à tous et à chacun : ne vous surestimez pas plus qu'il ne faut vous estimer, mais gardez de vous une sage estime, chacun selon le degré de foi que Dieu lui a départi. Car, de même que notre corps en son unité possède plus d'un membre et que ces membres n'ont pas tous la même fonction, ainsi nous, à plusieurs, nous ne formons qu'un seul corps dans le Christ, étant, chacun pour sa part, membres les uns des autres. Mais, pourvus de dons différents selon la grâce qui nous a été donnée, si c'est le don de prophétie, exerçons-le en proportion de notre foi ; si c'est le service, en servant ; l'enseignement, en enseignant ; l'exhortation, en exhortant. Que celui qui donne le fasse sans calcul ; celui qui préside, avec diligence ; celui qui exerce la miséricorde, en rayonnant de joie".

Humilité qui a été honorée par Fotios Kontoglou en ces termes :

Ermites inconnus, vous vous reposez en Dieu sans que les vaniteuses louanges de l'homme n'aient troublé votre paix. Vous, les bienheureux, vous n'avez pas travaillé pour la vanité, mais, comme l'oiseau chante, vous avez glorifié le Seigneur. Vous l'avez glorifié avec le soleil, avec la lune, avec la pluie, avec la grêle, avec la neige, avec la rudesse de l'arbre sauvage. Aucun livre n'a été écrit pour vous, ni n'est gardé dans les musées, le travail de vos mains.Votre destinée particulière dans ce monde vaniteux est l'oubli, le voile recouvre de silence vos fresques poussiéreuses.Le soleil se lève et se couche sans que ses rayons ne pénètrent dans les profondeurs où se trouvent cachées vos iconographies.Mais vous vous réjouissez là où vous voyez le Seigneur en un face à face dans le royaume des Cieux.

Humble et fervent, tu peux alors prier avec les couleurs.

Pour cela il faut, au préalable, apprendre. Commence par lire la Bible les chapitres 1 et 2 de la Genèse, la Création et la chute. Le premier récit de la Création, l'épreuve de liberté, le Paradis.

Médite.

Tu peux y découvrir : les Ténèbres, la Lumière, la créativité, l'humilité.

Poursuis, prends l'Évangile selon Saint Luc et médite encore sur "l'Annonciation à Marie" (Luc. 1,26-38). Le mystère de l'Incarnation y est contenu, la possibilité de représenter la personne de Dieu.

Écrire l'Icône est une discipline. Il est donc bon de lire ce qu'a écrit une ermite bénédictine, Sœur Emmanuelle Billoteau : "Tout art, toute discipline, requiert premièrement un but, un vouloir de l'âme,une application de l'esprit dont jamais on ne se désiste. Faute d'y être fidèle en toute ardeur et persévérance, on ne parviendrait pas à la fin désirée."

Ainsi armé, tu peux commencer à tenter l'expérience de l'Iconographie.

Cette expérience est un partage du même amour au sein d'une communauté. Très difficile, pour ne pas écrire impossible, à réaliser seul devant un livre, aussi bien fait soit-il. L'Icône est une transmission de Tradition de personne à personne. Je me permets de citer ici, la définition du terme Tradition telle que le définit le Père Yves Congard. Dans son deuxième volume intitulé "Essai théologique", page 125, nous pouvons lire : La Tradition est la saisie multiple quant à ses moyens et aux ressources qu'elle engage, du trésor possédé comme réalité dès le début dans le christianisme comme vie, dans la fidélité chrétienne et que la réflexion fait progressivement passé "de l'implicite vécu à l'explicite connu".

La Tradition satisfait à de nombreuses obligations :

-Le respect de l'orthodoxie au sens strict du terme ;

-Le respect des règles et des canons définis par les Pères de l'Église, c'est-à-dire la Tradition ;

-Le sens de l'observation (que l'on peut acquérir) ;

-L'amour du travail bien fait :

-Une très grande humilité :

-Et, bien sûr, le recueillement dans la prière.

Pour tout cela, des Règles ont été définies.

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 5 - LA LECTURE DE L'ICÔNE.

 

Lorsque vous entrez dans une église, ou tout simplement dans une petite chapelle, de nos frères orientaux, vous pénétrez dans un espace de lumière et de visages. Un espace, baigné par une odeur d'encens, d'où émane une émotion vibrante. Les fresques et les icônes vous invitent au silence, au recueillement bien malgré vous.

Les icônes y sont omniprésentes. Elles y ont un rôle liturgique fondamental.

 

La fascination que l'on peut éprouver devant l'Icône du Christ nous rappelle deux versets d'un hymne des semaines pascales : "Quand nos regards te recherchent, au fond des cœurs tu habites". 

Pendant quelques instants, je vais essayer de vous présenter ce que représentent ces icônes que beaucoup ont tendance à ne considérer que comme œuvre d'art devenant un peu à la mode de notre époque en manque de spirituel.

Je précise en préambule que ce ne sont pas seulement des œuvres d'art, mais bien des prières en couleurs. Pour cela je consacrerai quelques instants à vous présenter la façon dont je pense devoir lire une icône. Je dis bien lire une icône car l'icône ne se peint pas, elle s'écrit. Elle a sa grammaire. Émile Male écrivait : "L'art est d'abord une écriture sacrée dont tout artiste doit apprendre les éléments" . Elle est l'expression de la Bonne Nouvelle, l'égale des Évangiles. Une des expressions de la Parole des Écritures. Pour cela l'iconographe est tenu de respecter les règles de sa grammaire.

Bien avant la crise Iconoclaste, l'Église a éprouvé le besoin de formuler cette grammaire, les principes de base concernant le contenu et le caractère de l'art sacré qui a commencé à s'exprimer dès le début du IVe siècle. Le canon 82 du Concile Quinisexte de Constantinople, en 692, définit le lien qui doit exister entre l'image et le dogme. Il y est demandé de remplacer la représentation de l'agneau antique par l'aspect humain du Christ.

L'Église de Rome n'a pas accepté les fondements que sont les directives de base de l'art byzantin.

En 787, le VIIe Concile Œcuménique précise que " Du peintre dépend seulement l'aspect technique, mais tout son plan, sa disposition, sa composition appartiennent, dépendent d'une manière très claire des Saints Pères."

En 1551, le Concile des Cent Chapitres prescrit aux évêques de veiller à ce que les iconographes s'abstiennent de fantaisie et suivent la Tradition.

Si l'artiste apporte sa technique, sa personnalité, sa sensibilité, il n'en est pas moins tenu de respecter l'ordonnancement ainsi défini. Tout cela s'acquiert auprès de personnes compétentes, personnes animées de la foi nécessaire à l'épanouissement de ce genre de prière.

L'histoire de cet art religieux a été traversée de turbulences, parfois sanglantes comme notre chrétienté. Les opposants à ce genre d'expression ont été nombreux au cours des premiers siècles de l'Église. L'interdiction de toute représentation de divinités, faite à Moïse, une certaine influence musulmane, certaines dérives dans le culte des images sont à l'origine des tristement célèbres querelles des Images (726-787 et 813-842). Le Concile de 843, à l'époque de l'impératrice Théodora, restaura le culte des images.

Nous éludons toutes les particularités de ces périodes tout en faisant remarquer que l'un des défenseurs de ce culte était hors des frontières de l'empire chrétien, Jean de Damas, dignitaire du Calife de Damas.

La mémoire de ce saint est honorée par une icône très particulière qui est celle d'une Vierge aux trois mains. L'hagiographie de ce saint rapporte que le pape Léon III, indisposé par la position tenue par Jean de Damas, aurait fait parvenir une lettre au Calife l'informant faussement que Jean se préparait à le trahir. Le Calife aurait alors fait couper la main de Jean. Celui-ci par une ardente prière devant une icône de la Vierge fut miraculé et sa main regreffée. En remerciement, Jean fit placer en ex-voto une troisième main sur cette icône qui devint ainsi le prototype de ce genre d'icône.

Saint-Jean de Damas nous a laissé trois traités sur l'icône.

Par son incarnation, le Christ sanctifie le visible.

Nous n'essaierons pas d'aborder le fondement christologique de l'icône, ce sujet est largement traité par d'éminentes personnalités et diffusé en librairie (Paul Evdokimon, Egon Sendler, Mahmoud Zibawi, etc). À notre humble niveau, nous nous contenterons de présenter la technique et le sens de cet art. Pour cela nous nous référerons souvent à un grec d'Asie Mineure Fotios Kontoglou. Cet homme prestigieux né en 1896 se réfugia en Grèce en 1922 pour échapper à la persécution turque. À Athènes jusqu'en 1965, il œuvra pour que l'icône recouvre son sens traditionnel. Nous verrons pourquoi.

Depuis la nuit des temps, l'homme a manifesté ses talents d'artiste. Notre berceau culturel, grec et latin, nous en a laissé de nombreux témoignages.

La technique de peinture sur bois sur laquelle nous nous penchons aujourd'hui était déjà utilisée par Polygnate de Thasos au Ve siècle avant J.C. La simple polychromie que pratiquait Polygnate s'est épanouie avec les artistes hellénisés de la région de Fayoum en Égypte. Leurs peintures du type détrempe à l'encaustique, syncrétisme entre l'art égyptien et l'art grec est arrivé jusqu'à nous. Un très bel exemplaire, "la dame de Fayoum" est actuellement visible au musée du Louvre. Ce type de peinture, prélude de la peinture byzantine, est celui de l'icône.

Dans la peinture dite à l'encaustique, les couleurs, des pigments naturels sont liés par de la cire chaude et fixés sur une planche. Un genre de peinture au couteau.

Au début de l'ère chrétienne les artistes formés à cette technique ne sont pas restés insensibles à la chrétienté. Ils utilisèrent leur technique pour représenter Jésus, sa Mère et les principaux personnages des disciples. On peut lire dans l'histoire d'Eusèbe de Césarée (265-340) :

"Il ne faut pas s'étonner que les païens aient conservé la mémoire des bienfaits qu'ils reçurent du Sauveur. C'était leur coutume de laisser à la postérité ces marques de gratitude envers ceux qui les avaient obligés, et nous avons appris que les images des Apôtres Pierre et Paul et du Christ Lui-même ont été conservées par le moyen des couleurs dans les tableaux."

Une des plus anciennes icônes à l'encaustique est conservée au monastère Sainte Catherine du Sinaï. Elle date de la fin du VIe siècle et représente Saint Pierre surmonté de trois portraits, le Christ entre sa Mère et probablement Saint-Jean.

Ce genre de peinture nécessite une préparation soignée de l'enduit sur lequel est apposée la couleur. La détrempe à l'encaustique, d'une utilisation assez difficile, a été remplacée par la détrempe à l'œuf aussi dénommée tempéra. La peinture sur panneau et la peinture murale ont largement utilisé ce procédé. Bien que la technique de la peinture à l'huile se soit développée, dès le XVe et XVIe siècle, l'iconographie traditionnelle conserve toujours la technique à l'œuf. Nous essaierons, plus loin, d'en dégager le symbolisme.

Byzance, centre d'une école artistique, sous le règne de Justinien (527-565), est le berceau de l'icône dite byzantine. École qui abandonne le symbolisme de l'antique chrétienté, le naturalisme, pour adopter un certain figuratisme sous l'impulsion d'Anthémius de Tralles et Isidore de Milet , architecte et mathématiciens, des maîtres asiatiques. Avec ceux-ci, les mosaïques, les fresques sont soumises à l'harmonie de l'ensemble architectural, elles s'y intègrent. Il ne faut donc pas s'étonner que le dessin des grands maîtres byzantins soit directement lié à une harmonieuse construction géométrique, d'y retrouver la divine harmonie, le nombre d'or.

L'école byzantine a bien défini la façon de concevoir l'icône, de la construire, de l'écrire. De nombreux artistes y ont été formés. Des manuels traitant de cette technique ont été rédigés. Très certainement, plus tard, pour faire suite aux Conciles, ont été transcrits les canons dogmatiques.

Rares sont les ouvrages qui soient arrivés jusqu'à nous. Souvent ce n'est que la seule tradition orale qui nous les rapporte. Photios Kontoglou qui a œuvré pour restituer à l'icône sa conception byzantine fait référence à l'ouvrage de Fourna l'Agraphon. Didron a signalé qu'une grammaire aurait été rédigée par les moines du Mont Athos au cours du 19e siècle.Des règles qui remonteraient à Panselinos et qui concerneraient surtout la peinture murale.

Les douloureuses turbulences qui ont secoué notre chrétienté, le peu de charité dont a témoigné la chrétienté, la croisade de 1204, les invasions ottomanes, les incendies ont fait disparaître de précieux documents. Il en existe peut-être encore quelques-uns, perdus au fond de quelques poussiéreuses bibliothèques ?

Les artistes voyageaient beaucoup et exportaient ainsi leur savoir faire. Les persécutions les ont quelquefois contraints à s'expatrier. L'Occident qui resta à l'écart de la querelle des images fut un refuge pour un bon nombre d'entre eux. Florence, avant la Renaissance, a été un centre important d'artistes byzantins. La technique de l'icône a débordé les frontières de l'empire byzantin, elle fut pratiquée d'une façon plus austère en Anatolie, en Égypte par les coptes.

Les différentes querelles fratricides, les guerres, les invasions ottomanes eurent pour conséquence d'isoler certaines communautés, certains artistes, des grands maîtres de cet art et de les livrer à leur propre initiative. Le culte, la liturgie orthodoxe ayant toujours demandé le recours aux icônes, des artistes, livrés à eux-mêmes, influencés par des courants de pensées spécifiques, développèrent un style qui devient alors propre à une communauté à une région, à une époque.

En dehors de l'influence de la Renaissance, en particulier de l'école florentine, cette hypothèse peut, en partie, expliquer la diversité que l'on constate dans les icônes. Elles peuvent être plus ou moins austères, plus ou moins naïves, plus ou moins ouvragées, décorées, mais respectent toutes la grammaire que nous évoquions précédemment. La grammaire homogénéise une langue sans pour cela uniformiser les divers accents propres aux régions. Les icônes sont le reflet d'une certaine beauté qui a fait écrire à un écrivain musulman Al-Mîdâni, en 1284, "Belle comme une image dans une église".

"Dans l'art, l'icône tient une place à part, comme la Bible, elle se place au-dessus de la littérature et de la poésie universelle. Sauf quelques exceptions, l'art tout court sera toujours formellement plus parfait que l'art des iconographes, car ce dernier justement, ne cherche pas cette perfection". (L'art de l'Icône de Paul Evdokimov, page 81)

L'iconographe écrit surtout avec le cœur et est bien souvent en dehors de cette perfection terrestre pour essayer de transcrire l'invisible auquel il se réfère. Ses constructions échappent à la pesanteur, au volume, à la perspective, aux canons, à l'éclairage habituel pour un figuratisme quelque peu déroutant pour celui qui essaiera de lire sans les yeux du cœur. En cette façon de procéder l'iconographe se rapproche de Colossien 3,2 :

"Songez aux choses d'en haut, non à celles de la terre".

C'est une des raisons pour laquelle l'icône ne doit pas être seulement considéré comme une simple œuvre d'art. Elle se réfère à quelque chose qui dépasse le domaine de l'art. L'Icône est une prière, une offrande. L'iconographe se préparant à peindre, prépare son mélange de jaune d'œuf, d'eau et de vinaigre. Avant de mélanger cet ensemble il pose le jaune d'œuf au creux de sa main. Ce geste, bien souvent inconscient, est un geste d'offrande.

L'art de l'icône byzantine est un "art savant tout en nuances, délicat et subtil". D'où la nécessité de bien en connaître la grammaire. S'il est assez difficile de se procurer celle de Didron, nous pouvons nous référer à celle de F. Kontoglou, plus proche de nous. Son livre "Expression" décrit soigneusement le type de chaque icône.

 Bien écrite une icône doit pouvoir se lire facilement avec les yeux du cœur. Saint-Éxupéy a écrit : "l'essentiel est invisible aux yeux, on ne voit bien qu'avec son cœur". Et cela est encore plus vrai pour l'Icône.

Nous allons essayer de faciliter la lecture de l'icône en mettant l'accent sur des particularités que l'on a tendance à ne pas remarquer, qui peuvent rester invisibles.

Le fondement de l'Icône est l'incarnation de Dieu, le Christ Jésus, l'Icône type. En regardant une icône du Christ et en particulier celle du type "Pantocrator", on peut observer que la masse des cheveux sur le sommet de la tête est anormalement haute. C'est la première lecture que l'on peut faire. Cette particularité présente le sommet de la tête comme le ferait une personne qui s'incline vers vous. Cela indique que Jésus se penche vers l'orant, vers celui qui regarde l'icône, nous rappelant le Psaume 113, 5 -6 : "Lui, il siège là-haut. Mais il abaisse son regard Vers le Ciel et vers la Terre."Le psaume 14 (13) 2 : "Des cieux, le Seigneur se penche vers les fils d'Adam pour voir s'il en est de sensé,un qui cherche Dieu."Ainsi quel le psaume 40 (39) 2 : "J'espérais le Seigneur d'un grand espoir, il s'est penché vers moi, il écouta mon cri".

 Le Christ est souvent représenté bénissant de la main droite alors que sa main gauche tient un évangile,une référence à Matthieu 5,17 : "N'aller pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir".

 Dans l'icône, les personnages semblent illuminés de l'intérieur, illuminés par la grâce. Pour expliquer cette particularité, nous reprenons ce qu'écrit Saint Irénée : "Les hommes qui sont dans la lumière n'illuminent pas, eux, la lumière, mais par elle sont illuminés et par elle resplendissent. Loin d'apporter quoi que ce soit à la lumière, ils en bénéficient et sont illuminés par elle".

 Examinons maintenant une Icône de la Toute Sainte tenant l'Enfant Jésus sur son bras.

Sur le "maphorion" (le manteau) rouge de Marie, on reconnaît les trois étoiles sur le front et les épaules de la Vierge, signe de sa virginité perpétuelle : avant, pendant et après l'enfantement.

 L'enfant Jésus n'est pas représenté sous les traits d'un bébé. Ce pour satisfaire aux paroles de Paul en Éphésien 4,13 :"Comme un homme parfait, à l'âge adulte de la plénitude du Christ".

 Jésus tient habituellement un rouleau de parchemin. C'est une référence à Hébreux 10,7 : "Alors j'ai dit : "Voici, je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du Livre, pour faire ô Dieu, ta volonté".

 Jésus est ceint d'une large ceinture qui nous renvoie à Isaïe 11,5 : "La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, la ceinture de ses hanches".

 L'iconographe attache une grande importance aux pieds des différents personnages pour honorer Isaïe 52,7 : "Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut".

Sur certaines icônes on remarque une ville enceinte de remparts, Jérusalem.On retrouve Isaïe 49,16 : "Car je t'ai gravée sur ma main, j'ai toujours tes murailles devant les yeux".

 On peut être surpris par la démesure des différentes portes que l'on observe sur certaines icônes. C'est encore en référence à un psaume, le psaume 24,7 : "Portes levez vos frontons, élevez-vous portes éternelles, qu'il entre le Roi de Gloire".

 Continuons la lecture du cœur avec la lecture de l'icône du baptême de Jésus.

Les références de cette Icône se trouvent dans les Évangiles, l'Ancien Testament et les Pères de l'Église. Elle représente la première manifestation de la Sainte Trinité du Nouveau Testament.

Le Seigneur s'est élevé sur les eaux du Jourdain par son baptême. Mat. 3,16. Il foule de ses saints pieds des dragons à la surface de l'eau. Ps 14,13 : "Toi qui fendis la mer par ta puissance, qui brisa les têtes des monstres sur les eaux". Les jambes esquissent un pas, ce pour souligner que l'initiative de se faire baptiser lui appartient. Le Seigneur est volontairement venu au Jourdain et a demandé à Jean-Baptiste de le baptiser. De sa main droite, il bénit les eaux. Il commande l'eau, il la rend purificatrice et réconciliatrice de Dieu.

Au haut de l'Icône, le demi-cercle, duquel part un rayon projetant l'Esprit Saint, symbolise les cieux ouverts, Mat 3,16.

À gauche sur la berge, Jean-Baptiste tient une de ses mains sur la tête du Seigneur. L'autre main est en position de prière exprimant ainsi l'émotion. Lui, la terre glaise, avait à baptiser le Maître. La hache prise entre les branches, rappelle les paroles du Baptiste aux Pharisiens et aux Sadducéens, Mt 3,10. "Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres ; tout arbre qui ne porte pas de bon fruit va être coupé et jeté au feu".

Sur l'autre berge, trois anges dans l'intention d'assister un si grand Fils de Dieu.

Sur les eaux du Jourdain, deux petites formes humaines, un homme sur une amphore symbolise le Jourdain et une femme tenant un sceptre symbolise la Mer Rouge.

Jésus ouvre la porte du Mystère du baptême. Ce Mystère rappelle la traversée de la Mer Rouge (Ex 14,15-31) et du Jourdain (Jos 3,14-17) par les Israélites. Ces deux événements sont évoqués dans le Psaume 114,8 :"La mer voit et s'enfuit, le Jourdain retourne en arrière".

Dans le baptistère, on entre esclave de Satan et l'on en sort libéré de ses chaînes comme les Hébreux ont été libérés des Égyptiens.

1P 3,21-22 : Maintenant le baptême vous sauve. Être baptisé, ce n'est pas être purifié de souillures extérieures mais s'engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus-Christ qui est à la droite de Dieu.

 La main qui figure Dieu le Père, l'indescriptible, rappelle la main qui écrivait sur le mur du palais royal de Balthazar (Da. 5,5) : "Soudain apparurent des doigts de main humaine qui se mirent à écrire, derrière le lampadaire, sur le plâtre du mur du palais royal et le roi vit la paume de la main qui écrivait".

 On observe sur les icônes une tenture, généralement de couleur rouge, au-dessus des personnages. Elle rappelle que la scène se déroule à l'intérieur d'une habitation.Ne serait-elle pas, aussi, une référence à la fête des Tentes ?

Elle peut aussi rappeler Isaïe 4,5 : "Le Seigneur créera partout sur la montagne de Sion et sur ceux qui s'y assemblent, une nuée le jour et une fumée avec l'éclat d'un feu flamboyant, la nuit. Car sur toute gloire il y aura un dais et une hutte " ou Isaïe 25, 7-8 : "Il a détruit sur cette montagne le voile qui voilait tous les peuples et le tissu tendu sur toutes les nations; il a fait disparaître la mort à jamais".

 Sur l'épaule de Jésus figure un clave. Ce clave peut nous renvoyer au cantique d'Isaïe 9,5 : "Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné. Il a reçu le pouvoir sur ses épaules, on lui a donné ce nom : Conseiller merveilleux, Dieu Fort, Père éternel, Prince de Paix ".

 Sur certaines icônes, l'auréole de Jésus porte une inscription en grec tel que : O W N. Ce qui est le participe passé du verbe être signifiant " le étant ". Un verbe d'action. On traduit en français par "Je suis".

 On remarque sur l'icône de l'entrée de Jésus à Jérusalem, les Rameaux, un petit homme perché dans un arbre. Il me rappelle Zachée que nous mentionne Luc en 19, 1-10.

 Chaque icône doit ainsi être lu avec les yeux du cœur. Pour qu'elles puissent êtres lus de cette façon, il est indispensable que le peintre qui entreprend ce genre d'écriture connaisse parfaitement la grammaire. Dans le cas contraire, il peindra une image religieuse mais non une icône.

 Depuis la plus haute Antiquité le peintre, pratiquant la technique de peinture sur bois, utilise des pigments naturels. L'iconographe continue dans cette voie, ce qui lui donne une peinture aux tons bien particuliers.

Nous relevons sous la plume d'Hubert Reeves et de Joël Rosnay que le pigment est un élément très particulier : "Un pigment est une molécule qui possède des électrons très mobiles. Cette caractéristique lui permet d'absorber les grains de lumière, les photons, et en restituer certains spectres, et donc de colorer la matière, mais elle favorise en même temps la construction de chaînes moléculaires entrant dans la construction du vivant".

L'Icône se propose de représenter l'hypostase du Vivant.

Les pigments ne se posent pas directement sur la planche, mais sur une toile marouflée laquelle est recouverte d'un enduit blanc, le "levka" (du grec qui signifie blanc). Ce support blanc peut être assimilé à la nappe que l'on place sur l'autel avant la prière eucharistique.

Une fois que le dessin est tracé sur le blanc, on commence par le ciel, c'est-à-dire le fond doré de l'icône.

L'opération suivante consiste à recouvrir les différentes surfaces à colorier d'un fond sombre dans le ton de la couleur à faire valoir, les proplasmes (pro= avant et plasme= ouvrage façonné).

Sur ces fonds sombres qui figurent les ténèbres, le néant (Ge. 1,1-2 : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux), on va faire remonter la lumière, des couleurs de plus en plus claires. Procédé qui va donner à l'icône un éclairage émanant de l'intérieur des visages, des personnages, la lumière de l'Esprit Saint.

Cela peut aussi nous rappeler une autre hymne :

"Splendeur jaillie du sein de Dieu, Lumière née de la lumière. Avant que naisse l'univers Tu resplendis dans les ténèbres".

Et nous ramener à un écrit de Saint Irénée : "Les hommes qui sont dans la lumière n'illuminent pas, eux, la lumière, mais par elle sont illuminés et par elle resplendissent. Loin d'apporter quoi que ce soit à la lumière, ils en bénéficient et sont illuminés par elle".

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6 - Lisons ensemble quelques Icônes.

 

 L'ICÔNE EST UN MONDE PLEIN D'ENSEIGNEMENT.

"Seigneur notre Dieu, ouvre nos cœurs à l'intelligence des Écritures"

Pour faire suite à cette prière, nous allons essayer de lire quelques Icônes avec les yeux du cœur.

 

6-a -Lecture de l'Icône de la Dormition. L'Assomption.

 

Cette fresque représente plusieurs personnages. De ceux-ci, deux, dominent, le Christ et sa Mère.

La Mère de Jésus est représentée morte, étendue sur un lit. Au-dessus de celle-ci, le Christ, son Fils, se profile devant une ellipse en forme d'arcs sécants. Cette enveloppe représente la grâce qui enveloppe le Christ ou la Vierge Marie. Les Beaux-Arts ont, en 1948, donné à cette enveloppe, en forme d'amande, le nom de " mandorle ". Le Christ tient dans ses mains l'âme immaculée de sa Mère, représentée par un bébé enroulé de ses langes. Le bébé est la personnification de l'innocence. C'est aussi une référence au verset 2 du Psaume 130 : "Non, mais je tiens mon âme égale et silencieuse ; mon âme est en moi comme un enfant, comme un petit enfant contre sa mère".

La dépouille décharnée de la Mère de Jésus est entourée par les douze Apôtres. Trois de ceux-ci peuvent facilement être reconnus. L'Apôtre Pierre, aux pieds de la Vierge, tient un encensoir. Près de la tête de la Vierge, se remarque l'Apôtre Paul. Il est prosterné, tenant sa main droite sur sa poitrine. L'Apôtre Jean est représenté, à côté de la tête de la Vierge, s'appuyant sur le lit.

Derrière les Apôtres, sont représentés, couverts de leurs vêtements sacerdotaux, trois des quatre prélats présents lors de la mort, très provisoire, de la Mère de Jésus. Bien que dans cette icône soit largement représenté l'entourage familier de la Vierge Marie, nous pouvons noter, à l'arrière du tableau, des femmes. Elles représentent les croyants anonymes de Jérusalem. Elles représentent aussi, après les Apôtres et les prélats, l'Église. Les deux bâtiments figurent Jérusalem.

La mandorle est surmontée de l'emblème des chérubins. Le témoignage de la puissance des anges louant, avec les Apôtres, le transfert de la Mère de Dieu.

Toute la structure de l'Icône témoigne d'une union intérieure. Sur tous les visages, se remarque le chagrin mêlé à une douce espérance. Un mélange de tristesse et d'allégresse, signe distinctif des croyants qui vivent dans l'attente de la résurrection. C'est l'Église avec son divin fondateur, le Christ.

Une remarque particulière à cette composition, la position du Christ et son regard réunissent, en une douleur commune, les assemblées du Ciel et de la Terre. Les assemblées du ciel figurent dans le haut.

 

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6-b -Lecture de l'Icône de la Résurrection.

 

Au bas de cette Icône, entre les deux massifs rocheux, s'ouvre l'abîme, les ténèbres, les Enfers, l'Hadès, où est descendu le Seigneur pour annoncer la délivrance, le salut et briser les portes du séjour des morts. Nous pouvons distinguer les portes brisées, les clés de celles-ci. La mort est représentée par un vieillard enchaîné au-dessous des battants de la porte enfoncée.Au-dessus de ces ténèbres apparaît dans une mandorle, le vainqueur de la mort, le Christ. Le visage triomphant du Christ, son vêtement, la mandorle, rayonnent. Ceci se traduit par : "Après avoir connu l'obscurité du tombeau, tu es entré dans la lumière à jamais nouvelle".

Le Christ revient triomphant du combat mené contre les peuples de l'Hadès. Les premiers trophées de cette victoire sont Adam et Êve qu'il arrache avec force de l'Hadès après en avoir arraché les portes.

Certaines Icônes antérieures au 13 ème siècle représentent le Christ arrachant de l'Hadès Adam alors qu'Êve est représentée agenouillée et suppliant le Seigneur. Elle ne bénéficie pas encore du geste salvateur du Christ. Une de ces trés vieilles Icônes est visible au superbe musée byzantin de Lesbos. Ce thème est repris dans une magnifique fresque, œuvre de la religieuse Olympe, qui orne une église de Patmos. Le style de sœur Olympe est fortement rattaché à celui de l'école Crétoise.

Dans la stricte tradition, les pieds du Christ reposent sur les battants de la porte et est accompagné par des saints de l'Ancien Testament comme Abel, Moïse, David, Salomon et Saint Jean-Baptiste.

 

 

 

 

6-c -Lecture de l'Icône de la Pentecôte. 

6-d - Lecture de l'Icône de Notre Dame de la Passion.

6-e- Lecture de l'Icône du Baptême de Jésus.

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